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La Bibliothèque endormie

Mon enfant a peur du noir et ne veut pas dormir seul

La peur du noir touche la plupart des enfants et passe souvent toute seule. Ce que dit la recherche, ce qui aide le soir et comment apprendre à dormir seul.

Mis à jour le 29/10/2026

« N’éteins pas ! » « Il y a quelque chose sous le lit. » « Je peux dormir avec vous ? » Presque tous les parents connaissent ces phrases. La peur du noir et de dormir seul fait partie de l’enfance. Le plus souvent, elle est normale et diminue avec l’âge. Elle peut pourtant gâcher les soirées de toute la famille. La bonne nouvelle : on peut agir.

Presque tous les enfants ont peur

Des psychologues néerlandais ont interrogé 176 enfants de 4 à 12 ans. 73 % d’entre eux ont avoué avoir des peurs nocturnes. Elles étaient déjà fréquentes chez les plus petits, culminaient vers 7 à 9 ans, puis restaient au même niveau.

Ce que disaient les parents est intéressant. Ils sous-estimaient nettement les peurs de leurs enfants. Un enfant a donc souvent plus peur qu’on ne le pense.

Dans une étude australienne menée auprès de 511 enfants et adolescents (8 à 16 ans), près de deux sur trois avaient des peurs nocturnes, davantage chez les plus jeunes que chez les adolescents. Leur peur la plus fréquente : que quelqu’un entre chez eux pendant la nuit.

Pourquoi les enfants ont peur

Un jeune enfant ne fait pas encore tout à fait la différence entre le réel et l’imaginaire. Dans une étude avec des enfants de 4 à 6 ans, ceux qui avaient très peur du noir confondaient plus souvent l’imaginaire et la réalité que les autres enfants de leur âge. Le monstre de l’histoire d’hier est, pour eux, bien réel dans une chambre sombre.

D’où vient la peur ? Dans l’étude néerlandaise, près de quatre enfants sur cinq disaient avoir peur à cause de quelque chose qu’ils avaient vu ou entendu : un film, un récit ou les informations.

Ce qui aide le soir

Une peluche qui a besoin d’un protecteur

Des chercheurs israéliens ont testé une idée toute simple. Ils ont donné un petit chien en peluche à des enfants de 4 à 6 ans qui avaient très peur du noir. L’enfant avait pour mission de s’occuper du chien et de veiller à ce qu’il n’ait pas peur la nuit.

L’étude portait sur 104 enfants. La peur a diminué et le sommeil s’est amélioré. La baisse de la peur tenait encore six mois plus tard. La version où c’était au contraire le chien qui protégeait l’enfant a marché tout aussi bien.

À la maison, vous pouvez essayer avec la peluche préférée de votre enfant. L’enfant qui avait peur devient celui qui est courageux. Attention avec les bébés : jusqu’à un an, le lit ne doit contenir que le bébé et un drap bien tendu. Ni peluche, ni oreiller, ni couverture.

Un livre et des jeux dans le noir

La lecture aide aussi. Dans une étude américaine, des parents ont lu pendant quatre semaines à leurs enfants de 5 à 7 ans un livre sur un garçon qui surmonte sa peur du noir. Ils jouaient aussi aux jeux proposés dans le livre. L’anxiété a nettement diminué chez huit enfants sur neuf, et ils ont dormi plus de nuits dans leur propre lit. Mais l’étude était petite.

Une étude hongroise plus grande, avec 73 enfants de 3 à 8 ans, l’a confirmé. Les jeux consistaient surtout à chercher des jouets ou à jouer dans le noir, et à se détendre. Plus la famille y consacrait de temps, plus les difficultés d’endormissement et la peur de la séparation diminuaient.

Une étude brésilienne avec des enfants qui dormaient avec leurs parents à cause de leur peur a donné un résultat semblable. Le livre et une peluche ont aidé davantage que la simple attente, et le résultat tenait encore trois mois plus tard.

Ce genre de jeu est possible sans livre spécial. Par exemple, chercher une peluche dans la chambre lumière éteinte. Commencez dans la pénombre, en restant à côté. Augmentez le noir petit à petit. Le jeu doit rester amusant, ce n’est pas une épreuve de courage.

Dort-il seul ou avec nous ?

Quand un enfant a peur, il est naturel de rester près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. De temps en temps, ce n’est pas grave. Les spécialistes attirent pourtant l’attention sur deux choses. Un parent au bord du lit peut entretenir la peur sans le vouloir, car l’enfant apprend qu’il n’y arrive pas seul. Et quand l’enfant évite toujours de dormir seul, la peur ne disparaît pas. Une étude israélienne a en outre montré que les enfants qui ont très peur du noir se réveillent plus souvent la nuit et dorment moins que les autres.

Cela ne veut pas dire laisser l’enfant pleurer. Ce qui aide, ce sont les petits pas. Restez de moins en moins longtemps près du lit, et félicitez l’enfant pour chaque pas courageux. Un enfant apprend à dormir seul quand il découvre qu’il en est vraiment capable.

Quand demander de l’aide

La plupart des peurs passent d’elles-mêmes. Parlez-en toutefois à un psychologue ou à un pédiatre si :

  • la peur dure depuis des mois et ne diminue pas,
  • l’enfant dort mal presque toutes les nuits à cause d’elle, ou n’arrive pas à dormir seul même à l’âge scolaire,
  • il a peur aussi pendant la journée et la peur le gêne dans sa vie de tous les jours,
  • s’y ajoutent des cauchemars, ou la peur est apparue après un événement difficile.

Dans l’étude néerlandaise, les peurs nocturnes étaient liées à un trouble anxieux chez environ un enfant sur dix. Une forte peur du noir se soigne pourtant bien. Une revue des études des 25 dernières années a montré que les thérapies comportementales et cognitivo-comportementales réduisent nettement ces peurs. Ce sont souvent les parents eux-mêmes qui les mènent avec l’enfant à la maison, en suivant les conseils d’un professionnel.

Que faire quand un mauvais rêve ou une terreur nocturne réveille l’enfant, nous le décrivons dans l’article Cauchemars et terreurs nocturnes chez l’enfant. Pour finir la soirée, une courte histoire bienveillante convient bien. Vous trouverez des récits calmes, sans monstres, parmi nos contes du soir.

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