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La Bibliothèque endormie

La sieste en journée

Une courte sieste l’après-midi peut revigorer, une sieste longue ou tardive peut gâcher la nuit. Quelle durée et quel moment sont raisonnables.

Mis à jour le 29/10/2026

Après le déjeuner, les yeux se ferment, le livre glisse des mains et le canapé vous tend les bras. La sieste a bonne réputation, et il n’y a aucune raison de la craindre. Il vaut simplement mieux savoir quand elle aide et quand elle vole plutôt du sommeil dont la nuit aurait besoin.

Courte vaut mieux que longue

Vous connaissez peut-être cela : après un petit somme, vous vous levez frais et dispos ; après une heure de sommeil, vous êtes groggy et ne savez plus très bien où vous êtes. C’est ce qu’on appelle l’inertie du sommeil, et elle s’explique simplement.

Le sommeil s’approfondit peu à peu et atteint sa phase la plus profonde au bout d’une heure environ. Qui se réveille justement à ce moment-là est le plus hébété. L’Institut national américain pour la sécurité et la santé au travail (NIOSH) recommande donc aux personnes qui travaillent de jour une sieste courte, de moins de 20 minutes : il suffit de régler le réveil sur 15 à 30 minutes. Selon lui, après un réveil au bout d’environ une heure de sommeil, on peut encore fonctionner nettement moins bien pendant un moment.

Une petite étude en laboratoire, menée chez des jeunes après une nuit écourtée, a testé différentes durées de sieste l’après-midi. Le meilleur résultat : dix minutes. Une telle sieste améliorait aussitôt la somnolence, la fatigue, l’énergie et les performances, et l’effet durait environ deux heures et demie. Cinq minutes n’aidaient presque pas, et après une demi-heure, les participants mettaient d’abord un moment à émerger.

Une remarque au passage : qui manque beaucoup de sommeil plonge plus vite dans le sommeil profond. Même une courte sieste peut alors se terminer par un réveil plus pâteux.

Et quand ?

Le coup de barre de l’après-midi est naturel : après le déjeuner, le corps a tendance à somnoler. Mais plus vous faites la sieste tard dans l’après-midi, moins il vous restera de fatigue pour le soir. Mieux vaut donc la placer plutôt en début d’après-midi, loin de l’heure du coucher.

Quand la sieste fait plutôt du tort

Si vous souffrez d’insomnie, mieux vaut ne pas dormir dans la journée. Le service de santé britannique NHS conseille aux insomniaques, après une mauvaise nuit, de ne pas faire de grasse matinée ni de sieste, mais de garder une heure de lever fixe. La somnolence accumulée dans la journée aidera alors à s’endormir le soir.

Un petit changement de programme le soir peut aussi aider : au lieu de s’assoupir devant la télévision, s’offrir une soirée calme et n’aller au lit que lorsqu’on a vraiment sommeil. Pour certains, ce sera un livre ; pour d’autres, une histoire du soir lancée une fois au lit.

Ce que montrent les grandes études sur la santé

Une méta-analyse de 44 études au long cours portant sur plus de 1,8 million de personnes a associé la sieste régulière à un risque plus élevé de décès, de maladies cardiaques et métaboliques, mais seulement pour les siestes d’une demi-heure ou plus. Pour les siestes plus courtes, aucun risque accru n’est apparu. Les auteurs conseillent donc de limiter la sieste à trente minutes.

Il faut toutefois lire cela avec prudence : il s’agit d’une association, pas d’une cause prouvée. Dormir longtemps dans la journée peut être un signe de maladie ou de mauvais sommeil nocturne plutôt que leur cause. À l’inverse, il manque aussi la preuve qu’une courte sieste soit bénéfique pour la santé à long terme.

La sieste comme outil : les pilotes

Une étude de la NASA donne un bel exemple de sieste bien pensée. Des pilotes de vols long-courriers avaient un repos planifié dans le cockpit pendant une phase calme du vol. La plupart s’endormaient en quelques minutes et dormaient environ 26 minutes. Par rapport à leurs collègues sans repos, ils restaient plus alertes jusqu’à l’atterrissage, et leur sommeil de la nuit n’en souffrait pas.

Quand consulter

  • Vous êtes somnolent dans la journée alors que vous dormez assez la nuit, ou vous vous endormez à des moments inappropriés, par exemple au volant.
  • Vous ronflez fort ou quelqu’un a remarqué que vous arrêtez de respirer la nuit.

Une somnolence diurne excessive peut être le signe d’un trouble du sommeil, par exemple d’une apnée du sommeil ou d’une narcolepsie, et justifie une consultation.

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